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Les différentes formes de "mobilité professionnelle"

lundi 11 mai 2009, par Olivier Monso

Cette page rassemble deux interventions (en format Power Point) devant les étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure de Sécurité Sociale (EN3S) en décembre 2007 et octobre 2008, sur le thème de la moblité professionnelle. La première intervention ("Les différents types de mobilité professionnelle et leur intérêt pour évaluer les politiques familiales") s’est déroulée lors de la Rencontre Internationale de la 46è promotion, en décembre 2007, dans le cadre de la session « Les politiques familiales sont-elles un frein ou un moteur à la mobilité professionnelle ? ». La seconde ("Une introduction à la "mobilité professionnelle"") s’est tenue à l’occasion du Cycle de formation initiale 2008-2009 et avait pour objectif de sensibiliser les étudiants au thème de la mobilité professionnelle.

Dans ces deux interventions, l’objet était avant tout de montrer la diversité des éléments que recouvre l’expression "mobilité professionnelle". Les plus couramment étudiés sont les changements d’entreprise, entre emploi et non-emploi, ainsi que les changements de profession (appréhendés couramment sous l’angle des changements dans la nomenclature des Professions et Catégories Socio-Professionnelles). Pour la grande majorité des mesures retenues, il apparaît de façon générale que les changements de situation professionnelle sont de plus en plus fréquents en France depuis le début des années quatre-vingt. Une esquisse de comparaison européenne (appuyée sur une étude de la Fondation Européenne pour l’Amélioration des Conditions de Vie et de Travail, dite aussi "Fondation de Dublin", parue en 2006) tendrait en outre à montrer que les Français sont plutôt mobiles par rapport à la moyenne européenne. Toutefois, les situations et les aspirations des travailleurs vis-à-vis de la mobilité diffèrent beaucoup selon l’âge, le sexe ou encore le niveau de qualification. L’intérêt était aussi, compte tenu du lieu de ces interventions (EN3S), d’illustrer le lien entre politique familiale et mobilité professionnelle. Plusieurs études sur données individuelles s’intéressent ainsi aux effets (souhaités ou non) de la politique familiale sur la mobilité professionnelle (quelques exemples sont donnés dans la première intervention). Par exemple sur la façon dont la modification dans les conditions de versement d’une allocation peut influer sur le retour à l’emploi des mères après la naissance d’un enfant.

En parallèle, une réflexion à un niveau plus global met en relation les caractéristiques institutionnelles d’un pays et les comportements de mobilité. C’est la démarche suivie par la Fondation de Dublin (présentée dans la deuxième intervention), inspirée par les travaux d’Esping-Andersen (1990) sur les types d’Etat-Providence (pour un compte-rendu et une analyse critique, on peut se référer à la fiche de lecture de Gérôme Truc publiée sur ce site). Cette analyse descriptive et comparative appuie l’hypothèse selon laquelle les pays avec un haut niveau de flexibilité de l’emploi et une forte sécurisation des parcours professionnels - dont les politiques familiales sont un aspect parmi d’autres - encourageraient une mobilité plus forte de leur main-d’oeuvre (pays scandinaves, Pays-Bas). Si cette hypothèse n’est qu’un modèle explicatif parmi d’autres, elle se trouve donc être assez cohérente avec les données observées en termes de souhaits de mobilité et de mobilité effective en Europe.

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