Pepita OULD-AHMED, Chercheur/IRD
La violence monétaire dans les espaces marchands dits solidaires et sans monnaie. Le cas des « clubs de troc » argentins (1995-2008) Devant la profondeur de la crise en Argentine en 2001, les « clubs de troc » permettent de surmonter partiellement les problèmes économiques et alimentaires d’une partie sans cesse croissante de la population argentine. Il s’est agi d’un phénomène social important développé sur le territoire national. S’ils ne bénéficient plus du même écho médiatique d’antan, les « clubs de troc » demeurent encore nombreux et en activité en 2008. Ils désignent des espaces d’échanges de biens et de services payés à l’aide de la monnaie papier interne, le « credito », émise par les fondateurs de ces clubs et non convertible avec la monnaie officielle. Si de tels systèmes d’échanges utilisant des monnaies complémentaires ne sont pas nouveaux, leur singularité tient à deux éléments : l’ampleur inédite du nombre de participants à ces échanges, d’une part, la spécificité du projet lui-même, d’autre part. La formation de ces clubs correspondrait en effet, selon leurs fondateurs, à un projet politique qui vise à contester la vision et les règles du jeu économiques et sociales telles qu’elles s’expriment dans le capitalisme actuel, et à créer de nouveaux espaces marchands dits « solidaires » et dits « sans monnaie ». Néanmoins, de nombreux conflits et des rapports de force se donnent à voir au sein de ces nouveaux espaces dits solidaires et non monétaires. Ma proposition de communication vise à montrer la violence et les formes qu’elle revêt au sein des « clubs de troc ».