Dernier ajout : 23 septembre 2004.
L’image photographique est aujourd’hui encore peu utilisée comme matériau de la recherche en sociologie. Certes, il est devenu très facile de prendre des photographies sur un terrain de recherche et même de les publier. Mais rares sont encore les travaux qui donnent à l’image un rôle argumentatif aussi important que celui conféré par exemple à un tableau de données ou à une analyse d’entretien. La photographie est souvent cantonnée dans le rôle de simple illustration d’un propos construit hors d’elle et sans elle.
Pourtant, l’image photographique recèle des possibilités argumentatives très importantes. Celles-ci ont été particulièrement exploitées dans la tradition du documentaire social et du photojournalisme. Du fait du développement de ces formes de production d’images photographiques, des thèmes proprement sociologiques comme la question de la colonisation du monde vécu par la technique, les sous-cultures urbaines, l’immigration et le jeu sur les identités qu’elle implique, la standardisation du travail humain, etc. sont devenus familiers dans notre expérience visuelle.
La démarche de la "sociologie visuelle" consiste donc à se placer au point de jonction des deux traditions que sont d’un côté la sociologie et de l’autre la documentation photographique. Il s’agit de proposer des usages sociologiques de l’image photographique, c’est-à-dire un mode d’argumentation fondé sur l’image.
Le Concours de Sociologie Visuelle est parrainé par les revues terrains & travaux (dont le numéro 5 sorti en novembre 2003 porte sur les "urbanité(s)") et tracés (dont le numéro 5 portera sur la rue et sortira en avril-mai 2004). Son comité d’organisation est composé de Gilles Bastin, Lydie Cabane, Edouard Gardella, Erwan Le Mener et Julien Souloumiac. Si vous souhaitez contacter les organisateurs du concours ou plus généralement vous exprimer sur le sujet de la sociologie visuelle, vous pouvez le faire par l’intermédiaire du forum mis en place ici.