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Groupe de recherche sur les féminismes

Dernier ajout : 7 novembre 2007.

Séminaire du Groupe de recherches sur les féminismes

Laboratoire de Sciences Sociales-ENS

EFiGiES (Association des Jeunes Chercheur-es
en Etudes Féministes, sur le Genre et les Sexualités)

Responsables : Laure Bereni, Magali Della Sudda, Liane Henneron, Alban Jacquemart, Bibia Pavard, Anne Revillard.

Contact : Laure Bereni (Laure.Bereni@ens.fr)

Le séminaire a lieu sur le Campus « Jourdan » de l’Ecole Normale Supérieure, 48 bd Jourdan, 75014 Paris (Métro Porte d’Orléans/RER Cité universitaire), salle 10 sauf les 3 premières séances qui auront lieu dans la salle de réunion de l’équipe Enquêtes, terrains, théories 2e étage du bâtiment B). Il est ouvert à toute personne intéressée.


PRESENTATION

Depuis janvier 2004, le « groupe de recherches sur les féminismes » rassemble une équipe de jeunes chercheur-es travaillant, dans différentes disciplines (sociologie, histoire, science politique) sur les « féminismes » et « mouvements de femmes ». Le séminaire du groupe de recherche a d’abord eu pour vocation de favoriser une lecture collective et critique des travaux de recherche sur l’histoire du féminisme et la sociologie de ses formes contemporaines, en France et dans d’autres contextes nationaux. Il a permis la constitution d’une bibliographie de référence sur ces thèmes.

En abordant une grande variété de travaux empiriques, le séminaire se donne pour objectif de construire des pistes méthodologiques pour l’étude des mouvements des femmes, en croisant les méthodologies issues des différentes sciences sociales qui s’y intéressent, en particulier celles de l’histoire et de la sociologie.
Les analystes des mouvements des femmes sont en effet, de manière récurrente, confrontées à une série d’interrogations sur les frontières de ces mouvements dans différents contextes historiques. L’opposition traditionnelle entre « féminisme » et « militantisme féminin » sera particulièrement questionnée. Si l’on considère le mouvement des femmes comme restreint à l’ensemble des acteurs qui contestent explicitement les hiérarchies de genre, un grand nombre d’organisations constituées sur une base sexuée mais affirmant des positions conservatrices en matière de rapports de genre sont de facto exclues de l’analyse. Toutefois, on peut adopter une définition plus large, en s’intéressant aux contextes historiques et politiques dans lesquels cette frontière s’avère particulièrement poreuse, et où des militantes issues de traditions diverses s’unissent autour d’une commune contestation de l’ordre de genre. Il convient d’interroger cette dichotomie problématique entre mouvements « féminins » et « féministes » dans la perspective historique et comparative la plus large possible, incluant notamment l’étude de contextes nationaux non occidentaux. Une autre frontière interrogée dans le cadre de ce séminaire est celle qui oppose couramment le « mouvement des femmes » aux autres mobilisations sociales et politiques qui lui sont contemporaines. Si l’émergence du « féminisme » comme force collective dans la seconde moitié du 19ème siècle dans de nombreux pays occidentaux a d’emblée signifié la construction d’une posture d’autonomie autour des intérêts, des droits ou de l’identité des femmes, l’analyse empirique donne à voir, au contraire la perméabilité des frontières entre le mouvement des femmes et les autres mouvements politiques et sociaux comme les syndicats, les partis politiques ou les loges maçonniques. La multipositionnalité des militantes des droits des femmes, à la fois dans et en dehors des organisations féministes autonomes, et le caractère alternativement conflictuel et coopératif des rapports entre ces organisations et les autres mouvements politiques et sociaux sont en effet des traits récurrents dans l’histoire des mouvements des femmes. De même, la posture d’autonomie affirmée par les mouvements des femmes est remise en cause à travers les rapports d’alliance voire d’intégration dans l’espace des institutions étatiques, comme en atteste la mise en place de structures chargées des « droits des femmes » au niveau des institutions étatiques, depuis les années 1960 dans la plupart des pays occidentaux.

Outre ces questions de frontières de l’objet, le séminaire s’attachera à comprendre le sens des « cycles » de mobilisation féministe. L’histoire du mouvement des femmes donne à voir une succession de phases de forte visibilité sociale et politique du féminisme, couramment appelées « première » et « seconde » vagues (les luttes suffragistes des premières décennies du 20ème siècle dans de nombreux pays occidentaux) et des périodes de suspension apparente des mobilisations féministes (pour la France, les années 1950 et 1980). On s’attachera à analyser le sens de ces cycles de mobilisation, en abordant notamment les mécanismes de transmission des pratiques militantes entre les générations, et en décryptant les liens entre les périodes d’atonie militante et les phases de forte mobilisation.

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